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Trouver le travail qui fait sens pour soi

Ludovic de Gromard, cofondateur de Chance, présente le modèle CIPA : quatre piliers pour identifier un travail aligné avec soi et plaide pour renverser la pyramide de Maslow afin que la quête de sens ne soit plus réservée à quelques privilégiés.

Par: Ludovic de Gromard
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Ludovic de Gromard est cofondateur de Chance, une entreprise sociale qui aide chacun à construire un projet professionnel porteur de sens. Invité au micro du podcast Métamorphose par Anne Gekière, il partage une méthode concrète — le modèle CIPA — pour sortir de l’impasse professionnelle et retrouver ce qu’il appelle « l’amour pro ». Un entretien riche en exemples et en convictions, qui touche aussi bien les jeunes en début de parcours que ceux qui ressentent l’usure après des années de carrière.

Les idées clés

Le modèle CIPA : quatre piliers pour définir son sens au travail — Ludovic de Gromard propose de cartographier son rapport au travail selon quatre dimensions : la Contribution (à quoi je souhaite servir), les Interactions (dans quel environnement je m’épanouis), le Personnel (mes contraintes de vie : géographie, famille, finances) et les Activités (les compétences qui me mettent en état de flow). Un travail « qui a du sens » est un travail aligné avec ces quatre piliers, et cet alignement est propre à chaque personne à un moment donné de sa vie.

Renverser la pyramide de Maslow — La pyramide classique place l’accomplissement tout en haut, après les besoins de sécurité et d’appartenance. Ludovic de Gromard défend l’idée inverse : c’est en commençant par le sens qu’on crée le déclic qui permet de sortir d’une situation de précarité ou d’inertie. En France, il faut en moyenne six générations pour qu’une famille passe du quart le moins payé au salaire médian. Le « prends n’importe quel job » ne fonctionne pas comme levier de mobilité sociale.

La quête de sens n’est pas un problème de riche — Affirmer que certains citoyens peuvent réfléchir au sens de leur travail et d’autres non revient à diviser la société en deux classes. Un jeune en mission d’intérim est tout à fait capable d’identifier ce qui l’anime et ce qui ne lui convient pas. C’est même la condition pour créer un véritable déclic professionnel, plutôt que d’enchaîner des postes sans perspective.

Le développement altruiste et le microaltruisme — Le sens ne se trouve pas seul. Ludovic de Gromard insiste sur la rencontre avec l’autre comme moteur de la transcendance décrite par Maslow. C’est le principe de « 3 minutes pour les autres » : chaque semaine, les membres de la communauté Chance reçoivent des demandes de coups de pouce professionnels personnalisés. En un an, 38 000 personnes se sont entraidées ainsi, prouvant qu’un petit geste peut avoir un effet considérable.

Passion, vocation et croyances limitantes — « Follow your passion » est, selon lui, le pire conseil de carrière : seuls 16 % des gens disent avoir une passion. Plutôt que de chercher une vocation absolue, le CIPA offre une approche méthodique et démystifiée. L’enjeu est de dépasser les croyances limitantes — y compris les « menottes dorées » de ceux qui restent dans un poste par confort ou par peur — pour explorer des pistes professionnelles insoupçonnées.

Citations

« Il y a des millions de personnes dans le monde qui sont en situation de vulnérabilité économique, qui sont littéralement en train de tourner comme des hamsters dans une roue toute leur vie, alors que pour sortir de leurs conditions, leur place, elle était juste à côté. Mais ça, ils le savent pas. »

« Le sens est tout sauf un problème de riche. Le sens est relatif à un individu à un moment de sa vie, et pas une notion absolue. »

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