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Que ferai-je de mon courage ?

Hubert de Boisredon, PDG d'Armor Groupe, partage sa vision d'un leadership fondé sur la vulnérabilité, la fidélité à soi-même et le courage de servir le bien commun plutôt que le profit.

Par: Hubert de Boisredon
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Dans cet entretien pour le podcast Zeteo, Guillaume Devoud reçoit Hubert de Boisredon, PDG d’Armor Groupe, entreprise industrielle centenaire basée à Nantes. A l’occasion de la sortie de son troisième livre, Le courage des chefs (Mame), Boisredon livre une réflexion profonde sur ce que signifie diriger avec authenticité dans un monde en crise. Un témoignage incarné, nourri par des décennies d’entrepreneuriat et un enracinement spirituel exigeant.

Les idées clés

Entreprendre comme vocation — Hubert de Boisredon se définit d’abord comme un entrepreneur heureux, malgré les difficultés économiques et géopolitiques actuelles. Pour lui, l’entreprise est un lieu de co-création qui doit viser le bien commun, pas la simple maximisation du profit pour les actionnaires. Créer des emplois et donner du sens au travail reste la première mission du dirigeant.

Le courage d’être fidèle à soi-même — La thèse centrale du livre est que le courage des chefs concerne en réalité tout le monde. Il s’agit d’abord du courage d’être fidèle à ses convictions profondes, d’oser sortir de sa zone de confort pour aller vers un mieux. Le vrai leader est celui qui, en étant aligné avec ses idéaux, ouvre une voie que d’autres peuvent suivre.

Chef et leader, deux vertus distinctes — Le leader est celui qui inspire et fédère. Le chef est celui qui décide et assume ses décisions. L’un sans l’autre est incomplet. Le bon chef écoute, fait émerger le meilleur de chacun et incarne une espérance ancrée dans quelque chose qui le dépasse.

La vulnérabilité comme force — Contrairement au management par la pression et la domination, Boisredon défend un leadership par la confiance et l’authenticité. Se montrer vulnérable, oser dire “je ne sais pas”, c’est donner à l’autre la possibilité d’exister et de contribuer. Il faut paradoxalement beaucoup de courage pour accepter de se montrer fragile.

La solidarité plutôt que l’opportunisme — A travers l’exemple concret d’un concurrent dont l’usine avait explosé, Boisredon raconte comment le choix de la solidarité, contre toute logique de marché, a fini par propulser Armor au rang de leader mondial. La fidélité à ses valeurs porte des fruits inattendus, bien au-delà du calcul à court terme.

Habiter la peur sans s’y soumettre — Le vrai courage n’est pas de refouler la peur, ce qui rigidifie et ferme. C’est au contraire de l’accueillir pour laisser monter une confiance plus profonde. Pour le chrétien, cette confiance s’enracine dans la certitude d’être aimé inconditionnellement par Dieu.

S’engager sans garantie de succès — On ne s’engage pas parce qu’on est sûr de réussir, sinon on ne s’engage jamais. L’engagement a du sens pour lui-même. Echouer en étant fidèle à soi-même est une victoire ; réussir en se reniant est un échec.

Citations

« Que ferai-je de mon courage ? Le courage, il est en moi. Ma mission, c’est de réveiller ce courage, de le développer et d’en faire quelque chose. »

« On s’engage pas parce qu’on est sûr de réussir, sinon on s’engage jamais. L’engagement a du sens pour lui-même. Il faut s’engager parce que le monde en a besoin. Le résultat ne nous appartient pas. »

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