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Le manager chrétien, ni loup ni mouton

Marc Odendall, ancien banquier d'affaires devenu philanthrope, partage les principes concrets d'un management chrétien fondé sur le service, la justice et les vertus cardinales.

Par: Marc Odendall
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Marc Odendall, banquier d’affaires pendant 20 ans puis philanthrope au service d’oeuvres caritatives et de l’Eglise catholique, livre dans cette conférence les lecons concrètes d’une vie de dirigeant chrétien. S’appuyant sur son parcours — de Sciences Po à JP Morgan, puis du Vatican à la levée de fonds pour des églises — il propose des règles simples et exigeantes pour exercer des responsabilités sans renier ses principes. Un témoignage direct, parfois drôle, toujours incarné.

Les idées clés

Apprendre à aimer ce que l’on fait — Marc Odendall insiste sur un renversement fondamental : plutôt que de chercher à faire ce que l’on aime, il faut apprendre à aimer ce que l’on fait. C’est en se prenant au jeu, en devenant bon dans son métier, que naît le plaisir du travail. Le dirigeant n’est ni un loup prédateur, ni un mouton passif : il est quelqu’un qui sert.

Servir et non se servir — La première règle du manager chrétien est de servir les autres plutôt que de se servir soi-même. Celui qui s’oriente vers son seul intérêt finit par se dessécher et terminer seul. Cela implique aussi de connaître, d’aimer et de faire progresser chacun de ses collaborateurs — techniquement et humainement.

Erreurs de jugement, jamais erreurs de principe — On a le droit de se tromper dans ses décisions, mais pas de transgresser ses principes. Le test est simple : si vous n’avez pas envie que votre action soit dans le journal le lendemain matin, c’est une erreur de principe. Cette règle libère considérablement, car elle élimine d’emblée la moitié des mauvais choix.

Les vertus cardinales comme boussole — Justice, force (courage), tempérance et prudence : Marc Odendall raconte comment la redécouverte de ces vertus dans le catéchisme de l’Eglise catholique a structuré sa vie professionnelle. La justice libère des choix douteux. Le courage permet de démissionner plutôt que de cautionner l’inacceptable. La prudence, au sens philosophique, est la vertu du discernement — agir au bon moment, avec la bonne mesure.

Le principe de subsidiarité — Issu de la doctrine sociale de l’Eglise, ce principe impose au dirigeant de ne faire que ce que lui seul peut faire, et de laisser ses collaborateurs accomplir le reste. C’est risqué, car on reste responsable de leurs erreurs, mais c’est la seule manière de les aider à grandir.

Le devoir de désobéissance — Quand un ordre est illégitime, il faut refuser d’obéir. Marc Odendall illustre ce principe par son propre parcours : démissions à répétition face à des pratiques injustes, départ de l’Ordre de Malte après des décisions qu’il jugeait illégales. Mieux vaut perdre son poste que se mépriser toute sa vie.

Citations

« Il faut apprendre à aimer ce qu’on fait et pas toujours faire ce qu’on aime, parce que quand on apprend à aimer ce qu’on fait, finalement on le fait bien. »

« Vous n’allez pas passer 30 ans de votre vie à vous morfondre derrière un bureau en vous disant que votre patron est un imbécile. »

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